Croissance & football : Quid des pathologies

Le football est un sport pratiqué par de nombreux enfants. En conséquence, le football est à l’origine de nombreuses pathologies chez l’enfant. Ces problèmes de santé rencontrés par le jeune footballeur sont différents de ceux rencontrés par le footballeur adulte. Le jeune footballeur doit donc être appréhendé de manière spécifique.

Les spécificités de l’enfant.

L’enfant n’est pas un adulte miniature ! L’enfant est un organisme en développement et en croissance avec des zones de faiblesse différentes.

La spécificité tendino-musculo-ostéo-articulaire de l’enfant se manifeste par l’existence de zones de faiblesse (cartilages de conjugaison permettant la croissance osseuse) et de zones de force (tendons, périoste) différentes de celles de l’adulte. Pour cette raison les pathologies sont différentes. Il existe des pathologies exclusives de l’enfant et des pathologies présentes chez l’adulte mais de fréquence, de localisation, d’expression et de conséquences différentes.

Pathologies exclusives de l’enfant :

Ce sont les ostéochondroses ou apophysites de croissance, les ostéochondrites et l’épiphysiolyse de hanche.

Ces pathologies atteignent majoritairement les membres inférieurs en diverses localisations.

Les ostéochondroses se localisent au niveau des insertions tendineuses sur les os et sont consécutives à des traumatismes répétés. Ces pathologies se manifestent par une douleur osseuse localisée reproduite à la palpation, à la percussion, à l’étirement et à la contraction contre résistance. Le plus souvent il s’agit de la maladie d’Osgood Schlatter localisée au genou (extrémité supérieure du tibia), la maladie de Sinding Larsen localisée au genou (extrémité inférieure de la rotule), la maladie de Sever atteignant le talon, la maladie de Freiberg et la maladie de kohler bouchet se manifestant à  l’avant pied. Ce sont des maladies bénignes dont le traitement repose sur le repos et l’adaptation des activités sportives.

Les ostéochondrites se correspondent à une atteinte de la zone de croissance osseuse et se localisent au niveau de la tête fémorale (syndrome de Legg-Perthes-Calvé) et au niveau du genou (maladie de Koenig). La maladie de Legg-Perthes-Calve entraine une modification de la forme de la tête fémorale avec un risque de séquelles à type de douleurs et d’arthrose précoce. La maladie de Koenig provoque douleurs et blocages du genou. Ces pathologies nécessitent une prise en charge médicale associée à du repos en raison du risque de séquelles.

L’épiphysiolyse de hanche, qui correspond à un glissement de la tête du fémur par rapport au col du fémur, se manifeste par des douleurs de hanche avec boiterie et nécessite une prise en charge immédiate en raison du risque de séquelles importantes sur la croissance osseuse.

Pathologies présentes chez l’adulte mais de forme différente chez l’enfant :

Les os des enfants présentent des zones de faiblesse (le cartilage de conjugaison qui permet la croissance de l’os) et des zones de force (le périoste qui enveloppe l’os). Ainsi les fractures des os se déplacent moins chez l’enfant (les fractures se présentent notamment sous la forme de fractures en motte de beurre). Par ailleurs, il existe un risque de séquelles importantes si la fracture atteint le cartilage de conjugaison.

La colonne vertébrale de l’enfant est une zone fragile susceptible de présenter diverses pathologies : spondylolyse (fracture de fatigue de l’isthme vertébral, apparaissant au niveau lombaire et se manifestant par des douleurs lombaires), spondylolisthésis (glissement d’un corps vertébral sur l’autre consécutif à une spondylolyse) et maladie de Scheuermann (correspondant à une ostéochondrose des plateaux vertébraux, se manifestant par des douleurs rachidiennes hautes avec apparition d’une cyphose).

L’enfant fait très peu d’accidents musculaires (claquage, déchirure, élongation…) excepté par choc direct.

L’enfant fait peu d’entorses graves (rupturesdu ligament) car l’enfant est naturellement plus laxe. Il y a donc peu de risque d’entorses graves de la cheville et d’entorses des ligaments croisés du genou.Les tendons de l’enfant étant solides, les tendinites sont très rares mais il existe un risque d’arrachement osseux (bassin par exemple).


Comment diminuer le risque de pathologies chez l’enfant ?

L’enfant doit avoir un entraînement progressif adapté à son âge, à sa morphologie, à son niveau en évitant les charges d’entrainement trop importantes. L’entrainement du jeune footballeur n’est pas celui d’un adulte.

L’encadrement du jeune footballeur doit être compétent et raisonnable : la santé et l’épanouissement de l’enfant sont les objectifs principaux.

Le football est un sport et doit rester un jeu pour l’enfant. Tout stress ou pression inutile peut être néfaste. Une douleur est un signe d’alarme devant facilement motiver une consultation médicale. L’enfant footballeur reste un enfant et ne doit être confondu avec un adulte miniature aussi bien dans le mode d’entraînement que dans la prise en charge des douleurs. Un suivi régulier est justifié afin de dépister d’éventuelles pathologies, surtout en cas de pratique intensive. Les facteurs de risque doivent être corrigés : défaut technique, entrainement excessif, surpoids, anomalies morphologiques…

Le football doit rester un jeu, une activité sportive ludique. Les excès doivent être évités afin de préserver la santé. Toute activité sportive intense (nombre d’heures, qualité de l’entrainement) doit être encadrée par des personnes formées et compétentes. L’enfant doit rester acteur et décisionnaire principal de son activité sportive.


Votre enfant se plaint d'une des douleurs citées ci-dessus, que faire ?

  • Bien faire examiner l’enfant par un médecin spécialisé pour obtenir un diagnostic précis (une radiographie est fortement conseillée);
  • Observer une période de repos (immobilisation) afin de favoriser la cicatrisation des ostéochondroses... et rassurer l'enfant !
  • Les antalgiques et les anti-inflammatoires généraux ou locaux (sur prescription médicale), s’ils sont efficaces lors de la phase aiguë, ne doivent pas autoriser une reprise trop rapide et intense des sports sous prétexte que les douleurs ont disparu;
  • La prévention est donc fondamentale pour que l’effort physique soit progressivement gradué avec des étirements musculaires préalables, qui soient adaptés en fonction des susceptibilités individuelles.

Sources : articles du Dr Fabrice Kuhn, Médecin du sport et Pr. J. Cottalorda

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